Ancien asthmatique, il gravit des sommets

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L’auteur David Debrincat a souffert toute son enfance d’un asthme aigu, qui l’empêchait tout effort physique. Aujourd’hui, il a adopté la montagne dans sa vie et gravit des sommets. Nous l’avons interrogé à l’occasion de la sortie de son dernier livre Vous reprendrez bien du Mont Blanc ?.

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Le livre du Mont Blanc et le t-shirt Ultrasoft Mont Blanc pour bien se repérer ! – ©David Debrincat

– Vous prendrez bien du Mont Blanc ? est ton dernier livre. De quoi parle-t-il ?

C’est le récit de l’ascension que j’ai eu le bonheur d’effectuer en septembre. L’histoire d’un Maltais asthmatique qui est assez naïf pour avoir des rêves, assez fou pour les croire possibles et assez obstiné pour les poursuivre. J’y raconte toute ma préparation qui a duré un an et demi, et bien sûr l’ascension en elle-même avec l’aboutissement de ce rêve.

– Comment se passait la vie en tant qu’asthmatique ? 

C’était plutôt compliqué. Surtout lorsque j’étais âgé de quatre ou cinq ans. Je n’avais pas le droit d’avoir des fous rires sans risquer de me retrouver des semaines entières à l’hôpital sous oxygène. J’étais incapable de courir ou même de monter simplement un étage à pied. Ce sont de mauvais souvenirs.

– Comment as-tu réussi à surmonter cette maladie ?

Après une longue désensibilisation de plus de dix ans. C’était des piqûres toutes les semaines, puis toutes les deux semaines, puis une fois par mois. Mentalement il m’a fallu bien plus de temps. Je me croyais incapable de tout. En fait j’avais un cruel manque de confiance en moi. Puis un jour je me suis dit que si je ne pouvais pas courir un 100 mètres en moins de dix secondes cela n’avait aucune importance. Le principal est de simplement parcourir la distance. La performance ne m’intéresse pas. Je suis juste mon rythme.

– Qu’est-ce qui t’a poussé vers la pratique de la montagne ?

Comme je dis souvent dans mes livres je suis d’origine maltaise. Nous sommes plus un peuple de marins que de montagnards. C’est plutôt de l’eau salée qui coule dans mes veines ! A Malte le point culminant est le Ta’ Dmejrekest à… 253 mètres d’altitude… Je suis venu à la montagne grâce à ma formidable épouse Jennifer. Elle m’a souvent traîné faire des randonnées dans les Pyrénées – nous habitons à Pau – et j’ai fini par y prendre goût ! En 2010 nous sommes partis faire ensemble un tour du monde de onze mois. De passage au Pérou nous avons monté un col à plus de 4000 mètres d’altitude. Ça a été le vrai déclic. Ensuite nous nous sommes lancé le défi du toit de l’Afrique, le Kilimandjaro avec ses 5895 mètres. Et donc dernièrement le Mont Blanc.

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Au sommet du Kilimandjaro – ©David Debrincat

– Aujourd’hui comment te sens-tu physiquement ? Te reste-t-il des séquelles ?

Très bien. J’ai toujours ma Ventoline sur moi mais c’est plus pour me rassurer. Je ne cours toujours pas le 100 mètres en moins de dix secondes mais comme à peu près tout le monde finalement ! Je fais du vélo tous les jours, je voyage très souvent et durant ma préparation pour le Mont Blanc j’ai même effectué un 50km marche. Un vrai supplice pour les pieds !

– Ça fait quoi de se tenir au sommet du Mont Blanc ou du Kilimandjaro ?

C’est un bonheur et une joie indescriptible. Il faut vraiment y aller pour s’en rendre compte. Il faut vouloir faire les efforts de porter ses rêves et ses ambitions au sommet de ces géants. La montagne c’est l‘école de la persévérance. Ça rend incroyablement heureux ! J’étais très ému en arrivant là-haut et j’avoue avoir versé quelques larmes.

– Des projets pour la suite ? 

J’ai plein de rêves ! Continuer à voyager et voir tous les pays du monde. Je pars d’ailleurs prochainement pour le Bénin. Quand on se trouve au sommet du Mont Blanc ou du Kilimandjaro on se dit aussi qu’il reste beaucoup de chemin pour atteindre un 8000 mètres. J’aimerais beaucoup savoir si je suis capable de me hisser à une telle altitude. Ça parait tellement fou ! J’ai aussi une idée derrière la tête qui me tient particulièrement à cœur, ce serait une traversée de l’Australie à pied. Du point le plus à l’est vers celui le plus à l’ouest. Je dois d’abord en étudier consciencieusement la faisabilité. Il y a donc encore énormément de projets que j’espère réaliser.

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Exultation sur le toit des Alpes ! – ©David Debrincat

Retrouvez toute la bibliographie de David Debrincat et ses expériences de voyage.

 

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