L’alpinisme : comment débuter ?

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Quel randonneur de moyenne-montagne n’a jamais levé les yeux vers les hautes cimes et rêvé d’y poser le pied ? Qu’elle soit glaciaire ou rocheuse, la haute-montagne a toujours fasciné. La France compte environ 16 millions de randonneurs, pourtant seuls 150 000 d’entre eux pratiquent l’alpinisme. Entre rando et alpinisme, la marche est-elle si grande à franchir ?

L’alpinisme est le terme générique regroupant les activités en haute-montagne, de l’étage alpin à l’étage nival, dans le territoire des Alpes. Dans d’autres massifs on parle de pyrénéisme, d’andisme ou encore d’hymalayisme… Mais finalement les pratiques sont les mêmes !

L’alpinisme peut prendre différentes formes selon vos envies, votre niveau d’expérience, votre connaissance du milieu et des techniques de progression. Il commence par la randonnée glaciaire jusqu’aux plus grandes faces rocheuses.

La France possède sur son territoire une partie importante de l’arc alpin, du lac Léman à la Méditerranée, avec de nombreux massifs à plus de 3000m. Nous possédons ainsi un terrain de jeu idéal, pour nous adonner aux joies de l’alpinisme et découvrir la haute-montagne.

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Les Alpes françaises, un inépuisable terrain de jeu pour alpinistes – ©Boris Pivaudran

Comment faire ses premiers pas en alpinisme estival et par où commencer ?

L’initiation à l’alpinisme commence par la randonnée glaciaire et les courses (entendez « sorties ») dites « de neige ». Cette pratique est un passage obligé pour vous amener par la suite vers d’autres horizons, en fonction de vos qualités annexes en escalade ou en ski,  et si l’envie vous en dit : arêtes rocheuses, courses mixtes, courses rocheuses, goulottes, couloirs, ski-alpinisme etc…

Il faut avant tout être doté d’une bonne condition physique (randonneur très régulier) et motivé par l’envie de découvrir l’univers et la vie en haute-montagne : ce délicieux mélange de beauté et de rudesse, de soirées animées en refuge et de marches nocturnes, et l’immersion dans un monde de neige, glace et rocher.

Pour ce faire vous devez évidemment être équipé en conséquence tant au niveau du textile que du matériel technique individuel et collectif.

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Un lever du jour dans les Ecrins : un des bonheurs de l’alpinisme – ©Boris Pivaudran

S’équiper en textile ?

Pour l’alpinisme glaciaire et les courses de neige, est recommandé le classique système des trois couches : une sous-couche technique (type PROCLIMB), une seconde couche polaire, une veste imper-respirante, ainsi qu’une doudoune en fond de sac (pour les moments d’immobilité). A cela il faut rajouter deux paires de gants (une fine et une épaisse), et couvre-chef à mettre sous le casque. Pour le bas, le pantalon technique peut éventuellement être complété par un collant thermique, des guêtres et un sur-pantalon étanche, en fonction des conditions de neige et de la météo.

Vos chaussures d’alpinisme doivent être munies de débords pour pouvoir y installer des crampons automatiques ou semi-automatiques. Les chaussures de randonnées ne sont pas adaptées pour le cramponnage.

S’équiper en matériel ?

Pour votre matériel individuel il faudra compter sur le quatuor casque, harnais, piolet droit, crampons. Pour le matériel technique collectif de base : corde, broches à glace, kit de mouflage.  Et enfin les accessoires inévitables: frontale, lunettes ou masque de catégorie 4, crème solaire, pharmacie et couverture de survie, moyen de communication, eau, thé chaud, vivres de courses et évidemment un sac à dos pour transporter l’ensemble. Pour deux jours un sac de 30L est généralement suffisant.

Vous êtes équipés ? Stop au blabla et place à la pratique !

Avant de vous lancer seul sur le terrain de la haute-montagne, il est vivement conseillé d’être accompagné d’un guide de haute-montagne pour vous initier aux techniques de bases et éventuellement apprendre l’autonomie si vous tendez à cette objectif. Des coordonnées de guides sont par exemple disponibles sur le site web du SNGM.

L’initiation à l’alpinisme doit toujours commencer par une journée dite « école de neige et glace ». L’apprentissage en mode école, avant la mise en application sur une course d’alpinisme, est primordial et représente les fondations de votre future vie d’alpiniste.

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L’ascension guidée est la manière la plus simple de s’initier à l’alpinisme – ©Boris Pivaudran

“L’école de neige et glace”, késako ?

Cela consiste à découvrir la technique de progression encordé sur un glacier, à utiliser le matériel technique spécifique comme le casque, le harnais, les crampons ou encore le piolet, mais également à appréhender ce milieu si spécial : le glacier. Des exercices ludiques vous feront prendre confiance dans vos crampons, dans l’élément sur lequel vous évoluerez (neige et/ou glace) et acquérir une gestuelle adaptée : cramponnage dix pointes, piolet canne, piolet rampe, pointes avant, piolet ancre, piolet coiffé etc… Ainsi votre gestuelle technique se développera et sera la base pour vos prochaines courses en haute-montagne durant lesquelles vous serez amenés à mettre en pratique vos apprentissages.

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Apprentissage de l’évolution en crampons sur la mer de Glace à Chamonix – ©Boris Pivaudran

Vers l’autonomie

Rapidement l’envie de gagner en liberté et en autonomie lors des sorties fera son apparition et il sera alors essentiel d’apprendre les bases de la sécurité et des techniques de progression : préparation d’une course (topo, météo, conditions montagne), lecture et compréhension du milieu glaciaire, techniques d’encordement sur glacier, et enfin techniques de secours (mouflage).

Fort de ces apprentissages fondamentaux vous serez prêt à effectuer vos premières courses de neige, passer de la randonnée en moyenne-montagne à l’alpinisme, quitter les vertes prairies alpines et découvrir le monde d’en haut : glacier, moraines, crevasses, séracs, tables glaciaires, bédières, moulins, refuges, chocards… côtoyer la haute montagne et l’altitude, bref devenir alpiniste ! 

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Le mouflage : une technique à connaître avant d’envisager l’autonomie – ©Boris Pivaudran

Quels itinéraires ?

Voici quelques exemples, parmi beaucoup d’autres, de courses d’application dites “de neige” ou “glaciaires” dans les Alpes du Nord :

  • Dôme de Neige des Glaciers (3592m)
  • Dômes de Miage (3633m)
  • Traversée de la vallée Blanche
  • Petite Fourche (3520m)
  • Mont-Blanc du Tacul (4248m, itinéraire exposé).

Les Alpes du Sud offrent également de nombreux sommets pour débuter :

  • Les Rouies (3589m)
  • Roche Faurio (3750m)
  • Traversée des Dômes de Monêtier (3410m)
  • Dôme des Ecrins (4015m, itinéraire exposé)
  • Col du Replat (3335m)
  • Pointe de la Pilatte (3476m)

Ou bien ailleurs dans les Alpes :

  • Grand Paradis (4061m)
  • les 4000 du Mont Rose …
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Les Dômes de Monêtier : un terrain adapté à une 1ère expérience glaciaire – ©Boris Pivaudran

Et le Mont Blanc ?

A l’issue de cette préparation et de ces courses d’applications, nombreux sont ceux ou celles qui auront pour finalité de fouler de leurs pas le toit de l’Europe de l’ouest : le Mont Blanc et ses 4810m. Et même si l’alpinisme ne se résume pas à une simple altitude, il est courant d’avoir, en tant qu’apprenti alpiniste, l’objectif du Mont Blanc.

La conquête de ce sommet en 1786 par Balmat et Paccard marquera le point de départ de l’histoire de l’alpinisme. Classée PD (“peu difficile”) cette course n’en reste pas moins de taille de par sa longueur et son altitude et impose des conditions météo stables. Elle demande une bonne préparation et une maitrise des techniques d’évolution en haute-montagne en terrain varié (neige, glace et rocher). Pour cette course d’alpinisme nous ne pouvons que vous conseiller de faire appel au service d’un guide de haute-montagne si vous n’avez pas les connaissances requises du milieu.

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Mont Blanc : sous les séracs du Grand Plateau – ©Boris Pivaudran

Une fois votre initiation faite à l’alpinisme glaciaire, certains auront forcément envie de s’essayer à d’autres formes d’alpinisme : courses rocheuses, courses mixtes, arêtes…

Bienvenue dans le monde dans haut !

Voici quelques références bibliographiques pour vous aider à passer le pas:

  • « Guide de la montagne », Edition Guérin Chamonix.
  • « L’alpinisme, des premiers pas aux grandes courses », Glénat,
  • « Massif des Ecrins, alpinisme plaisir », Glénat,
  • « Alpinisme plaisir dans le massif du Mont-Blanc », Glénat,

Pour vous accompagner au gré de vos ascensions en haute-montagne, suivant l’altitude, l’orientation et la météo du moment, équipez-vous des premières couches techniques Masherbrum PROCLIMB : manches longues, manches courtes, débardeurs.

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