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Les 5 pépites de l’escalade en Diois

Depuis plusieurs années, nos ambassadeurs Antoine et Marie-Do sillonnent le sud de la France à la recherche des plus beaux spots d’escalade. Aujourd’hui, ils nous emmènent découvrir le pays du Diois, entre le Vercors et la Provence. Une région sauvage offrant une grande diversité de paysages et d’activités. Découvrez les cinq pépites incontournables de l’escalade en Diois !

 

Etape 1 : Le Saou

Tout commence par la prononciation. Il vous faut occulter le « a » et prononcer « Sou ». Une mauvaise élocution fera noircir les traits des aubergistes locaux. Ce massif de l’ouest dromois est réputé pour sa particularité géologique : un plan synclinal perché, bordé par de belles falaises comme une grosse baignoire. En son centre se trouve le petit village de Saou, sa place et ses quelques restaurants.

Coté grimpe, on y recense plusieurs secteurs, de la falaise à la grande voie. Sur le Secteur Poupoune vous trouverez de belles longueurs à knobs, morceaux de silex incrustés dans le calcaire. Le secteur phare est celui de la Tour. A quelques pas du parking, le lieu est idéal pour l’initiation. Et au-dessus de ces premières longueurs, une multitude de grandes voies s’offrent à vous. Une des classiques est « Nomades Land ». Le départ vous laissera surement quelques souvenirs si votre niveau est juste. Le 6b est coriace. La suite est plus homogène mais les cotations restent sèches et le rocher parfois douteux.

Si vous cherchez des fissures pour y jeter vos coinceurs, allez donc dans « l’Arête Sud ». Bien que très hétéroclite en terme d’équipements, (câble, scellements, …) cette voie permet de grimper trois très belles longueurs (L4, L5 et L6) de terrain d’aventure.

S’il fallait choisir un coup de coeur ce serait la troisième (6a) et quatrième (6c) longueur de « Vent de sable ». Dans ce mur prisu et déversant, la ligne suit une très belle fissure rectiligne.

Avant de repartir, allez donc boire un coup au bar Gasoline Palace.

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© Truchot-Vannier/Rolle

Etape 2 : Les Trois Becs

A l’extrémité oriental du synclinal se trouvent les Trois Becs, point culminant de la zone à 1589m. Ce sont également trois hautes parois, d’orientation entre Est et Nord, qui proposent de l’escalade unique en son genre. Gare aux grimpeurs adeptes des falaises aseptisées ! Ici l’escalade y est exigeante. Tout d’abord le rocher vous laissera des émotions. Le bonheur des murs à silex se transformera en doute dans les parties délitées. Dans les voies équipées comme « Parfum d’Opale », il vous faudra grimper parofis loin au-dessus du point avant de trouver le suivant. Et concernant les voies en terrain d’aventure, elles ont un caractère proche de l’alpinisme.

C’est ce qu’on a pu découvrir dans la « Voie des Parisiens », ouverte dans les années 60 sur le sommet de Roche Courbe. Le tracé raye la face en son centre. La ligne est futuriste. Elle ne suit pas de ligne de faiblesse évidente. Elle force le mur par des passages raides et compactes, atypique pour l’époque.

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Ambiance raide dans la voie historique des “Parisiens” – © Truchot-Vannier/Rolle

Les premières longueurs donnent le ton, vigilance et concentration sont de rigueur. L’ambiance grandit au fur et à mesure de l’ascension. On imagine aisément quelques basejumpeurs sauter derrière nous. Les passages en 6a sont physiques et ressemblent à de l’escalade moderne. Un minimum d’engagement est nécessaire, même dans les longueurs les plus faciles. Nous nous délectons des pas sur silex. Lorsque le soleil franchit la crête sommitale, l’atmosphère devient froid et austère. Une vrai face nord des Alpes.

On atteint le coté chaleureux et les alpages avec la satisfaction d’avoir grimpé de belles longueurs soutenues et une voie historique.

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En bonne niçoise, Marie-Doha coince un genou dans la dernière longueur dure et déversante – © Truchot-Vannier/Rolle

Etape 3 : Omblèze

En arrivant au petit hameau d’Ansage, nous sommes frappés par le calme et la paisibilité du vallon. Deux sons de cloches s’élèvent alors, celles des chèvres locales et celles de la quincaillerie des grimpeurs déjà affairés au pied de la paroi. Omblèze est surtout connu pour ses couennes. Le rocher compacte laisse apparaitre de fines strates. C’est une escalade plutôt technique. Malgré sa taille modeste, on y dénombre plusieurs « petites » grandes voies.

Nous sommes allés voir l’une des plus abordables « Jojo le bricoleur ». Cinq très belles longueurs pour 130m de hauteur. Les prises sont grises et sculptées dans les dalles de départ. Puis le profil se raidit nettement, l’ambiance devient aérienne. Le sol est proche mais le dévers est marqué. Heureusement les 6a sont dotés de grosses prises. Les cordes qui pendent ne touchent plus la falaise. L’avant dernière longueur est superbe, une succession de marches et de poignées dans les mains. Les rappels en fil d’araignée sont tout aussi amusants. Pour les hyperactifs de la réglette, il est toujours possible de grimper quelques longueurs de plus sur le chemin du retour. On quitte alors Omblèze par la terrasse du Moulin de la Pipe et une petite baignade.

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Deuxième longueur de « Jojo le Bricoleur » à Omblèze – © Truchot-Vannier/Rolle

Etape 4 : Archiane

Faut-il encore présenter Archiane ? On pourrait en écrire des pages. Avec Presles, de l’autre coté du Vercors, elles sont les falaises les plus emblématiques du plateau. Nous ne pouvions pas manquer cette escale. Pour rejoindre le Cirque d’Archiane, il faut prendre la route sans issue quittant le village de Menée. On remonte alors le vallon avec une vue imprenable sur le rocher. Que choisir comme voie ? Moderne ? Trad ? Il y en a pour tous les goûts.

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Première partie de la « Voie du Levant », des belles dalles engagées parsemées de pitons – © Truchot-Vannier/Rolle

Nous nous décidons à jouer la carte de la voie historique : « la voie du Levant ». Partiellement équipée de pitons et de goujons, elle chemine sur la paroi Est. Par le sentier écologique, l’approche est rapide et bucolique. Le soleil à peine sorti, les vautours entament déjà leur bal aérien. Le cailloux est très bon dans l’ensemble de la voie et les cannelures de L3 et L4 sont superbes. Un bon jeu de coinceurs est nécessaire pour se protéger correctement. Les passages durs (6a/b) sont généralement très bien équipés. En traversant les baumes et les vires vous croiserez sûrement avec étonnement quelques bouquetins, funambules des parois. Les passages sont astucieux malgré les zones compactes et raides de la falaise. Les renfougnes de certaines cheminées nous rappellent que la voie date des années soixante, et qu’elle n’a pas pris une ride. On grappille mètres après mètres ces 400m d’escalade, tout comme la fatigue grappille notre énergie. Par des gradins faciles, on atteint le plateau sommital. Quel paysage incroyable ! Avec un coté Rocheuses canadiennes, on chemine dans une mosaïque de steppes, forêts et lapiaz. Nous rentrons à pied par le grand tour, pour profiter pleinement de ce spectacle naturel.

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Escalade en 3 dimensions à la voie du Levant – © Truchot-Vannier/Rolle

Etape 5 : Le Claps

Quand on voyage en Diois, le passage au Claps est obligatoire. Le cours d’eau vivifiant qui passe dans les petites gorges est paradisiaque. Et lorsque qu’on lève la tête, un immense chaos de bloc nous surplombe. On imagine l’éboulement gigantesque qui a dû se produire dans un lointain passé. Une aubaine pour le grimpeur. La plupart de ces blocs sont équipés pour la falaise. Le jeu principal réside à localiser le bon bloc que l’on cherche au milieu de centaines autres.

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Leçon d’adhérence sur les dalles lisses des Claps – © Truchot-Vannier/Rolle

Ce désenrochement a laissé place à de grandes dalles quelques centaines de mètres plus haut. Celles-ci équipées en grandes voies se prêtent parfaitement à l’initiation de la discipline. Peu inclinées, on y marche la plupart du temps… à quatre pattes. Certains passages se redressent, on amorce alors une lente reptation. Oui, ne comptez pas y trouver des prises, la dalle est lisse ! Il faut utiliser la plus grande surface possible des mains et des pieds, pousser fort et espérer ne pas redescendre des centimètres grappillés. L’escalade reste cependant ludique et amusante. Si vous êtes parapentiste notez que sur l’autre rive se trouve le décollage de Clamontard. Le vol est superbe, dominant Luc-en-Diois.

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Atterrissage de Clamontard – © Truchot-Vannier/Rolle

Etape Bonus : Gorges du Gats

Comment gérer un jour de pluie pour les acharnés de la grimpe ? La solution est simple, allez faire un tour dans les Gorges du Gats. Juste avant d’arriver dans le pittoresque village de Glandage, une belle et grande paroi déversantes borde la route. Vous serez vite en action, environ deux minutes d’approche. La voie se nomme « Pipeline ». Vous devrez aimer la grimpe horizontale. Elle traverse toute la falaise de gauche à droite. Les longueurs sont bien équipées, l’escalade y est ludique et le rocher incroyablement sculpté : trois ingrédients nécessaires pour passer une bonne journée. En plus, vous serez la star des touristes passants en voiture.

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L’incroyable rocher sculpté des Gats – © Truchot-Vannier/Rolle

On espère que cette sélection de morceaux choisis par Antoine et Marie-Do vous aura donné envie de découvrir la région ! Si vous traversez la forêt d’Archiane, vous aurez peut-être la chance de tomber sur le vieux druide dans son arbre centenaire…