Le secret du Masherbrum

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Pourquoi Masherbrum ? C’est quoi le Masherbrum ? Le Masherquoi ??… Il est temps de (re)lever le voile sur ce mystère et de vous raconter l’histoire du Masherbrum, haut sommet du massif du Karakoram, situé à quelques encablures de l’Himalaya. Un sommet peu connu mais pourtant mythique pour les alpinistes. On vous dit pourquoi.

Demandez à un enfant de vous dessiner une montagne : il y a de grandes chances qu’il vous dessine le Masherbrum. En effet le Masherbrum est la cime quasi parfaite : un grand triangle coiffé d’un sommet pointu, tendu vers le ciel. Un sommet haut de 7821m avec une étymologie à l’image de sa majestuosité : en langue Balti – dialecte d’Inde et du Pakistan – Masherbrum signifierait « la Reine des Montagnes ».

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Mais derrière cet aspect enchanteur, se cache une montagne mystérieuse qui refuse d’être découverte, et dont les versants raides et dangereux repoussent les expéditions les unes après les autres.

Les premiers occidentaux à explorer la région en 1856 pensèrent – à tort – que le Masherbrum était le plus haut sommet du Karakoram, d’où le nom “K1” qui lui a été affecté. Ceci avant de découvrir le célèbre “K2”, deuxième plus haut sommet de la Terre (8611m) après l’Everest. Par la suite le K1 a été renommé Masherbrum en référence à son nom local, à la différence du K2, qui compte-tenu de son isolement, n’avait pas de nom local.

Plusieurs facteurs expliquent la faible médiatisation et le peu d’expéditions au Masherbrum, malgré sa beauté reconnue de tous. Tout d’abord la concurrence qui l’entoure. Contrairement à ses voisins les K2, Broad Peak et Gasherbrum I et II, il ne dépasse pas la barre fatidique des 8000m d’altitude, ne faisant donc pas parti de ce club restreint des “quatorze 8000”. A l’écart des projecteurs et des paillettes, il n’attire que les alpinistes amateurs du défi technique, physique et mental qu’il représente.

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Coucher de soleil sur le Masherbrum depuis le glacier du Baltoro

Le deuxième facteur, et sans doute le plus important, c’est qu’il s’agit d’une montagne extrêmement technique, sans aucune voie d’ascension aisée. Un sommet bien plus difficile que la grande majorité des 8000. Tenté dès 1938 et gravi pour la première fois en 1960 par une expédition américano-pakistanaise, le Masherbrum n’a vu en tout et pour tout que quatre cordées à son sommet, par quatre voies différentes. Et la dernière remonte à 1985 !

Ces trente-cinq ans d’invincibilité renforcent le mythe de cette montagne inaccessible. Haute de 3000m, la très raide face nord-est constitue un des derniers grands problèmes himalayens. En 2014, les très forts grimpeurs autrichiens David Lama (†), Peter Ortner et Hansjörg Auer (†) unissent leurs forces pour s’y mesurer, mais doivent abandonner au pied des difficultés, comme toutes les cordées ayant tenté cette même face avant eux.

Une face qui reste vierge à ce jour. Nul doute que la première cordée à la gravir, si tant est que cela arrive un jour, sera nommée parmi les Piolets d’Or.

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Pointe sommitale du Masherbrum (7821m)

Quelques français se sont risqués dans cette aventure du bout du monde. En 1980, les alpinistes David Belden et Christine de Colombel souhaitent gravir le Masherbrum en “style alpin”, c’est-à-dire sans aucune assistance. Mais comme souvent sur les pentes du Masherbrum, rien ne se passe comme prévu. Leur expédition de trois mois, marquée par des conditions météorologiques très dures, échoue lorsque leur campement se fait raser par plusieurs avalanches successives et que Christine de Colombel, blessée, se lance dans trois jours de retraite désespérée. A son retour, elle raconte son expédition et sa survie dans un livre au titre évocateur, « Voyage au bout du vide ».

Derrière son image de montagne parfaite et sa silhouette attractive, le Masherbrum fait partie de ces derniers territoires complètement sauvages de la planète : royaume des rochers, des vents furieux et de la glace, sans trace d’activités humaines… et qui doit le rester comme tel ? C’est en tout cas le symbole que nous avons choisi pour porter nos valeurs de marque, et faire de sa silhouette notre logo.